Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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Le mystère du mal


Très souvent le mal physique ou spirituel est attribué à une cause extérieure : Dieu en premier lieu qui permet toutes les horreurs qui nous accablent. On pense également que les religions sont à la base de nos conflits meurtriers qui s’étalent dans l’histoire de l’humanité. Or ce que nous regrettons est tout simplement la faute de l’homme. Mais une vie sans efforts douloureux et sans heurts serait-elle possible dans un univers évolutif ? C’est peut-être la leçon qui nous vient du fond des âges : l’assassinat d’Abel par son frère Caïn. Celui-ci en fait n’était pas influencé par une éducation ni par une idéologie, mais par la jalousie, la haine et l’envie. Il existe en l’homme une infinie profondeur spirituelle qui nous révèle la nature même de ce que nous sommes et cela nous pouvons le constater à l’occasion d’événements propices à l’introspection. J’ai bien connu ces moments où l’on se sent incapables de remonter la pente pour ensuite connaître la joie de la résilience. Plus on plonge au plus profond de sa misère physique ou morale, plus le réveil est grandiose : telle est la condition de l’homme enfant de l’évolution. Il s’agit là d’un profond mystère que celui qui nous apprend que, dans notre vie d’homme, il faut savoir être perdant. On rejoint là le royaume évangélique qui a pour nom : pauvreté. L’enfer et le paradis se passent à l’intérieur de tout être humain. Le mystère reste entier de la présence au fond de l’humain de ténèbres en germe et en même temps de grains de lumière qui ne demandent qu’à jaillir à l’occasion de circonstances les plus diverses.
Saint Paul (6, 10-12) : Revêtez l’armure de Dieu pour pouvoir résister aux manœuvres du Diable. Car ce n’est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les puissances de ce monde des ténèbres, contre les esprits du mal.
On découvre facilement les dimensions de l’être qui dépassent aussi bien dans le monstrueux que dans le merveilleux toutes tentatives d’explications rationnelles. On se heurte d’ailleurs à toute cette réalité de l’ombre que l’on nomme Satan. La théorie de l’évolution selon Teilhard de Chardin nous offre un autre cadre que celui qui nous est présenté depuis des siècles par les théologiens. On en est d’ailleurs encore dans la vision dite « cosmos » alors que Teilhard propose une vision dite « cosmogénèse ».

Ainsi le dimanche 26 janvier, la chaîne K T O a diffusé à 20 h 40 un débat sur Satan
J'ai constaté que les conceptions des deux invités me semblaient de nature un peu anachronique. On montre un Satan comme une réalité contingente, un des anges qui se serait rebellée contre Dieu et qui chercherait à s'approprier l'être humain pour le pervertir. Dans l'émission, il a été évoqué les questions relatives à la médiumnité, aux personnes qui possèdent un pouvoir de guérison, y compris par téléphone ou par l'intermédiaire de photographies. Dans la vision cosmogénèse de Teilhard, le Mal, en fait, est nécessaire (lire le Milieu Divin) Satan n'est donc pas contingent c’est-à-dire qu’il n’est pas une créature angélique ayant muté à un instant donné.
Tout d'abord, en ce qui concerne les expériences supra naturelles: bilocation, guérisons, l'usage du pendule, les effets dus à la méditation transcendantale, la communication à distance, etc., il convient de savoir qu'elles résultent d'interactions au sein d'un domaine énergétique particulier de nature quantique. Il s'agit d'énergies dites subtiles dont la puissance est très grande. Bien sûr Satan peut s'y blottir, lui qui est à la fois transcendant et immanent. Cependant les dits guérisseurs ne sont pas forcément possédés du démon. Par contre le danger est grand d'abuser de certains dons qui nous apportent des pouvoirs sur les autres. J'ai bien connu ce milieu-là durant une période de ma vie.
Quant à Satan, il convient de le concevoir au niveau cosmique des choses, comme le fait Teilhard en d'autres circonstances. La Très Sainte Trinité nous est décrite comme un jeu de relations d'Amour entre les trois personnes. En métaphysique, à tout principe est associé le principe opposé d'égale infinitude. Satan est bien une personne, c'est-à-dire une réalité susceptible d'entrer en relation avec une autre personne. Mais en ce qui concerne Satan, c'est l'anti relation qui entre en jeu autrement dit la division. Le Christ unifie tandis que Satan divise, accuse, ment, désorganise les fonctions vitales, obsède, déprime, apporte la violence, etc. Ainsi, contrairement à certaines visions, Satan est un des paramètres qui entrent dans l'organisation de la vie de l'homme et pourquoi? C'est un mystère. Mais ce que l'on peut dire, c'est qu'il faille un certain Rédempteur pour vaincre Les forces du Mal, ce qui veut dire que nous sommes en présence d'une réalité infiniment profonde dans sa nature. Satan n'est pas un ange déchu comme on pourrait le croire, mais la réalité ontologique qui permet à l'homme d'être libre. L'homme peut être d'une grande bonté mais il peut être infiniment cruel. On s'en rend compte avec Daesh et les chambres à gaz.  C'est le "déchet" de l'évolution aurait dit Teilhard!
Le cardinal Ratzinger a exprimé un jour ce propos : « Le malin a du pouvoir sur ce monde et nous en faisons continuellement l’expérience ; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu ».
Teilhard, dans Le milieu Divin (p. 88) écrit : « Le problème du mal, c’est-à-dire la conciliation de nos déchéances avec la bonté et la puissance créatrice, restera toujours, pour nos esprits et nos cœurs, un des mystères les plus troublants de l’univers ». Et il écrit (p. 74) : « Dieu ne peut pas, en vertu même de ses perfections, faire que les éléments d’un monde en voie de croissance échappent aux heurts et aux diminutions, même morales : il est nécessaire qu’il y ait du scandale ! »
Jésus dit cependant : «Malheur à celui par qui le scandale arrive ! »

Dans la Genèse, il est question de l’être humain dont le comportement est de jouir des délices du jardin d’Eden mais de ne pas toucher à l’arbre central, celui qui donne la connaissance du Bien et du Mal. Or il est dit qu’Adam et Eve, inspirés par le Serpent, ont croqué la pomme détachée de cet arbre-là. Cet épisode symbolique nous montre ce qu’il en est de l’homme dans sa recherche de la vérité. En fait, nous sommes tous aveuglés par la certitude de notre supériorité. Dans tous les domaines, la seule certitude c’est l’incertitude. Le péché réside dans le fait de montrer que nous avons toujours raison. Richard Feynman (prix Nobel de physique 1965) disait : « Ce qui n’est pas entouré d’incertitude ne peut être la vérité ».
Teilhard, dans Comment je crois, s’exprime ainsi : « La vision du monde que je propose ne représente aucunement un système fixé et formé. Il ne s’agit point ici, ce qui serait ridicule, d’une solution déductive du monde, à la Hegel, d’un cadre définitif de vérité, mais seulement d’un faisceau d’axes de progression, comme il en existe et s’en découvre peu à peu dans tout système de pénétration, par où s’entrouvre devant nos yeux une immensité de réel encore inexploré ».
La vérité absolue est un mythe dangereux qui fonde les intolérances et les guerres. Celui qui croit détenir la vérité l’impose aux autres par la force.
Le pape François écrit dans La Vie : « Si quelqu’un a la réponse à toutes les questions, c’est la preuve que Dieu n’est pas avec lui. Les grands guides du peuple de Dieu, comme Moïse, ont toujours laissé un espace de doute ».
La Vérité se trouve dans la tolérance et le Mal se retrouve dans tout fanatisme.
Mercredi 12 Février 2020 17:03

Renée JOUBERT


 Le néant de la multitude
 Qu'est-ce que la multitude pour Teilhard ? A la manière naturaliste, il désigne par ce mot la matière dont nous sommes issus, matière naturelle contenant une part d'esprit.


La multitude apparaît comme un bouillonnement larvaire qui peut absorber nos efforts si notre attention se disperse : ” Tout relâchement de notre esprit ramène la substance brute (page 113) " Il est facile de freiner la spiritualisation de la terre mais Anéantir le Monde physiquement, ce serait le réduire en poussière ”. Cette idée de poussière; grains multiples dispersés, est à l'opposé de l'unité dans le Christ programmée pour la fin des temps.

 

L’essentiel pour nous est d'éviter l'éparpillement de notre esprit - matière, notion chère à Teilhard.
Comment nous conduire de telle sorte que nous continuions dans la direction donnée par l'évolution ? De nous sur-humaniser ? il nous suffit de comprendre, d’admettre et d'aimer notre marche en avant.

 
Certes jusque dans les zones les plus spiritualisées de notre être, certaines traces de notre état primitif subsistent encore et ne demandent, si notre attention faiblit, qu’à s'épanouir et nous envahir.

Teilhard représente notre monde en marche dynamique. L'évolution se passe dans nos âmes et dans leur union. Pour nous guider, Jésus est venu sur terre et ” libre à chacun de le voir et de sentir sa présence pour le haïr ou l'aimer ’’

 
Mais l'aventure de l’humanité ne se prolonge pas sans heurts et sans souffrance
La concentration de la masse humaine peut nous conduire à repousser “ l'autre ”, celui qui va empiéter sur notre territoire, déranger nos habitudes, bousculer nos vies. Nous le voyons actuellement avec les difficultés provoquées par l ‘afflux de ce que l'on appelle” les migrants”. Que répondons nous à cette misère ? Péché d'égoïsme ? Peur de l'autre ? Toutes choses qui peuvent ralentir notre ascension.

 

Le monde est en train d’évoluer physiquement et il nous faudra bien trouver des solutions. L’évolution ne peut être stoppée et il est devenu nécessaire de changer nos façons de penser et de vivre. L’attrait d’un en-haut est là pour soutenir l'élan de notre marche en avant ; Il doit créer autour de l'humanité en cours de totalisation une atmosphère d'amour et de compréhension et protéger les âmes qui menacent de s'écraser entre elles sans parvenir à se souder et à s’unifier.

Esprit-matière : propriété de l’étoffe de l’univers." Il n’y a pas, concrètement, de la matière et de l’esprit, mais il existe seulement de la matière en voie de spiritualisation " (IV page 74)


Jeudi 23 Janvier 2020 08:37

Notre monde ne peut être ré-enchanté que si l’on parvient à convaincre chaque individu de ce monde qu’il est à la fois enfant du ciel et fils de la terre. Il s’agit d’une dualité qui entre dans le cadre de la condition humaine et dont Teilhard décrit les aspects dans les chapitres II et III de la rubrique : la maîtrise du monde et le règne de Dieu (Écrits du temps de la guerre)         
     Le ré-enchantement du monde suppose que l’homme ait pris conscience de l’œuvre d’amour qui doit rayonner autour de lui et grâce à lui mais la condition humaine est paradoxale. Le psaume 118 nous dit en effet : « L'Eternel est mon secours, Et je me réjouis à la vue de mes ennemis. Mieux vaut chercher un refuge en l'Eternel que de se confier à l'homme ». Dans une vision évolutive, ne peut-on pas, comme le fait Teilhard de Chardin, rechercher pour l’homme un cadre où émerge une certaine harmonie. Comment concilier les opposés : être enfant du Ciel et fils de la Terre, concilier science et foi ?
Lundi 2 Décembre 2019 14:41

L'Éternelle Féminin - Écrits du temps de la guerre


Christianne Latraiche - L’AMOUR   ET   LE FEMININ
« L’AMOUR »      est une réserve sacrée de l’énergie comme le sang même de l’évolution spirituelle, voilà ce que nous découvre en premier le sens de la terre.
L’amour est une joie qui accompagne l’idée d’une cause extérieure dans le cadre d’une rencontre amoureuse, la cause extérieure étant la personne aimée. Nous attirons à nous par la puissance de notre subconscient des personnes en résonnance avec nos problématiques infantiles non résolus. La plupart des rencontres amoureuses commencent par se nouer sur des illusions, sur une connaissance davantage fondée sur l’imagination  que sur la raison. Si la joie de la rencontre amoureuse est fondée sur une illusion, elle se transforme en tristesse. Si nous percevons l’autre de manière adéquate, la joie passive peut se transformer en joie active et la passion en amour profond et durable. Une rencontre heureuse, harmonieuse qui convient à notre nature augmente notre puissance d’être et d’action et procure des sentiments positifs : joie, confiance, amour. Une rencontre inappropriée nous plonge dans des effets négatifs : tristesse, peur, culpabilité.
Pour Saint Augustin : « L’amour étend le désir, le désir étend l’amour. » « C’est l’amour qui peut et doit être la règle de l’agir, l’amour toujours. »
Mardi 22 Octobre 2019 19:11

Marcel Comby. De la mythologie à la vision teilhardienne
1-Le contenu général des mythes

     Associer la mythologie à l’apologétique teilhardienne constitue sans doute une gageure, mais, compte tenu de l’immense complexité du réel et de la profondeur de tout ce qui constitue le tissu humain en matière spirituelle, il n’est pas inutile de faire appel à tout ce qui se rapporte à l’histoire de l’humanité.
     Dans la plus connue des mythologies, celle concernant la Grèce antique, les figures les plus significatives représentent chacune une fonction de la psyché et les relations entre elles décrivent une dramaturgie de la vie intérieure de tout être humain. Nous y découvrons en particulier l’harmonie des désirs et le refoulement, l’amour et la haine, les réussites et les échecs, etc. Le protagoniste de cette dramaturgie est le héros et les situations conflictuelles de la psyché humaine ont lieu à travers des combats contre des monstres redoutables tels que le dragon. Les vérités que l’on sait extraire de ces étranges récits symboliques et poétiques sont exprimées en termes de victoire ou de défaite de tel ou tel héros dans son combat contre tel ou tel monstre dont la signification est très particulière. Telle est l’intelligence des mythes qui peut représenter, soit la vie de l’esprit, soit d’autres situations telles que la vie passée des peuples et leur histoire rejouée symboliquement par la présence des dieux et de leurs aventures.  

2. Leur valeur symbolique

     Pour Platon, ces récits mythologiques qui s’offrent à notre regard critique, était une façon de traduire ce qui relève de l’opinion et non de la certitude scientifique ou de la morale. Ces récits de combats ou de bonheur dans la plénitude, quelles que soient les méthodes d’interprétation, nous aident à percevoir une dimension de la réalité humaine. Celle-ci nous est ainsi dévoilée grâce à la puissance de l’imagination. Il n’est pas question de fournir le vrai de la science mais plutôt d’exprimer le contenu de certaines perceptions qui, justement, ne peut être obtenu par le travail de notre conscience rationnelle. En ce sens, nous nous trouvons à un autre niveau de la réalité. Celui que Teilhard de Chardin a désigné sous le vocable : Esprit de la Terre. (Ecrits du temps de la guerre, page 217) Teilhard avait l’intuition de l’unité de l’Univers et d’une unité qui n’est pas achevée mais en train de se faire. Mais pour lui, il n’y avait pas d’unité véritable sans principe d’unité que l’on peut appeler : âme.
     Les mythes ne sont pas de simples scénarios à effets spéciaux destinés à nourrir notre goût pour la science-fiction ou le romanesque. Ce sont de pures aventures métaphysiques.
La mythologie comparée a longtemps tâtonné entre des interprétations psychologiques arbitraires et le récit récréatif de certaines curiosités littéraires produites par certaines civilisations. Mais on s’est aperçu récemment que tous les mythes de la planète sont tout simplement apparentés. Apparues en Afrique il y a plus de 70000 ans, l’histoire des déluges se retrouve un peu partout sur les terres émergées. De même, le mythe d’Orphée possède un lointain cousin chez les Iroquois. Certaines cosmogonies très éloignées dans l’espace et dans le temps découlent en fait d’une même saga originelle, ce qui engagent les historiens à s’ouvrir sur le mystère de la nature humaine et sur l’universalité dans l’organisation du monde de l’esprit. Ainsi les mythes, contrairement aux productions philosophiques ou scientifiques, permettent plusieurs niveaux de lecture tout comme les contes de fées ou les paraboles évangéliques. Nous sommes pour ainsi dire plongés dans le ternaire et le message diffusé est celui de la Sagesse ! Dans l’Odyssée, Ulysse participe à la guerre de Troie mais, dans sa condition, il revit l’harmonie à Ithaque. Il retrouve sa place dans l’univers auprès de Pénélope, ayant refusé l’immortalité que lui offrit la nymphe Calypso et devient un fragment d’éternité. A ce stade, la mythologie représente une doctrine de salut voire d’espérance.
 
     Ni la psychologie traditionnelle ni la science ne sont les sujets de la mythologie. Lorsque Zeus s’accouple à des mortelles, c’est avant tout pour engendrer des créatures humaines ayant pour mission de rétablir l’ordre dans l’univers. Contrairement à nos séries télévisuelles qui opposent toujours les bons et les méchants, les mythologies posent la question du sens de la vie donc celui de ce que représente pour Teilhard, l’Âme du monde.
 
Jeudi 3 Octobre 2019 10:33

Marcel Comby - L'Éternelle Féminin - Écrits du temps de la guerre


Masculin et Féminin
  Du point de vue ontologique,  l’Être - Un se polarise en deux principes complémentaires : l’un actif et l’autre passif, comme masculin et féminin, et c’est entre ces deux pôles que se déploie toute la manifestation, c’est-à-dire la Création. Ces deux pôles, sans lesquels il n’y aurait aucune manifestation possible, peuvent être désignés respectivement par les mots :« Essence » et « Substance » : cette dernière ne doit pas être conçue comme une matière préexistante, mais comme un « principe ontologique »  qui, en lui-même, n’admet aucune réalité intelligible ; la Substance n’existe qu’en corrélation avec l’Essence, ( principe actif ), qui, par son action sur la substance, produit tous les êtres et les amène à l’Existence. De même, l’Essence doit être conçue en corrélation avec la Substance, à partir de laquelle elle produit tous les êtres, et cela sans que la permanente actualité de l’Etre en soit affectée, et sans que la multiplicité innombrable des êtres ajoute quoi que ce soit à l’Unité du Principe ontologique : creatio ex nihilo.
Il en découle que la multiplicité ne « sort » de l’Unité qu’en apparence, c’est-à-dire au niveau de la manifestation ; elle ne cesse d’ailleurs d’être contenue éternellement dans l’Un. On peut dire qu’il y a :   « multiplication incessante de l’Un inépuisable et unification incessante de l’indéfinie multiplicité ».
         Si on en revient aux deux pôles, qui se situent au degré de l’Etre, on peut dire qu’ils constituent une première dualité à partir de laquelle se déploie la multiplicité ; mais, de même que celle-ci reste contenue principiellement dans l’Un, on peut en dire autant, à fortiori, de la dualité en question.
         Or c’est de cette dualité première que procèdent, dans le monde manifesté, toutes les dualités possibles, tous les couples opposés ou complémentaires que l’on peut rencontrer dans la nature : homme - femme, gauche - droite, bien - mal,etc.
Mais de même que la multiplicité des êtres, éphémère et transitoire au niveau d’un monde ou d’un état d’existence, doit finalement être réintégrée dans l’Unité de L’ETRE, il en est aussi de toute dualité : « la résolution des oppositions et l’union des complémentaires » se réalise au niveau de l’Un.
Jeudi 4 Juillet 2019 10:30

Marcel Comby


La logique ternaire : un don divin
La problématique de notre époque Pédophilie dans l'Église : "Il est probable que cela provoque un schisme" selon Odon Vallet
    
Nos relations avec les autres, telles que nous les vivons journellement,  nous poussent inexorablement  vers des échanges d’idées fortement articulées autour d’une logique binaire. Le manichéisme y est très souvent présent. Il s’agit de la logique du Tiers exclus, celle que j’ai justement utilisée abondamment dans mon enseignement des mathématiques en classes préparatoires scientifiques. Cette logique nous est naturellement imposée par notre condition humaine mais elle ne résout pas tous nos problèmes, en particulier ceux qui se rapportent à l’éthique et à la métaphysique.
     De nos jours, en raison d’une part des gigantesques découvertes technologiques et d’autre part des prises de conscience dans différents domaines liés au sexe et à l’identité de la personne, de nombreux clivages s’opèrent au sein de nos sociétés. Citons les principaux : les abus sexuels au sein de l’Église catholique, les tentations de vengeance parmi les victimes, La PMA et la GPA, l’option du mariage pour les prêtres catholiques, l’éventuelle possibilité d’ordination de personnes de sexe féminin, l’accueil par l’Eglise des divorcés – remariés, l’interruption volontaire de grossesse, les décisions du corps médical devant un malade en fin de vie, etc…Face à ces questions difficiles, l’Eglise catholique se doit de faire connaitre son opinion et généralement elle va se prononcer pour ou contre telle méthode d’action, ce qui entraîne des conflits parmi les populations. Se rappeler les circonstances en lien avec « le mariage pour tous ». Nous-mêmes sommes amenés à donner notre opinion sur tel sujet qui nous tient à cœur et la réponse sera généralement contenue dans un oui ou dans un non à telle ou telle procédure. Il faut spécifier à ce sujet que la souffrance des personnes concernées par telle ou telle difficulté physique ou morale existe bel et bien que ce soit dans le camp des pour que dans le camp des contre. Ce qui fait que de nombreux problèmes s’avèrent insolubles. Alors la question est la suivante : les prises de position de l’Eglise étant insuffisantes, quel est la dialectique à laquelle elle devrait se conformer et quel langage adopter dans telle ou telle circonstance ? C’est ici justement qu’intervient une autre forme de penser les choses fondée sur la logique ternaire.
     On peut penser à la devise républicaine bien connu de tous. En effet Liberté et Égalité sont sur le plan phénoménologique deux réalités contradictoires. Il n’y a qu’à se référer à l’Histoire: l’imposition de la justice entraine fatalement la privation de libertés (considérer l’ancienne Union Soviétique) tandis que l’usage systématique de la liberté entraine des injustices (voir nos systèmes capitalistes). Donc il en résulte que la Fraternité serait un troisième terme qui s’inscrit dans une logique ternaire mais il conviendrait de préciser ce qu’on entend par fraternité. On entre là dans un monde très vaste qui s’inscrit dans le politique, l’empathie, l’affectif, la solidarité, la morale et la religion mais aussi dans l’univers de l’infiniment complexe.
Samedi 16 Mars 2019 09:37

Extrait du livre "LE PHÉNOMÈNE HUMAIN"


Marcel Comby - Quelques remarques sur la place et la part du Mal                     dans un monde en évolution
 (Le Phénomène Humain page 345)
     Dans son ouvrage de référence, Teilhard n’a pas cru bon de s’attarder sur le problème du Mal car il a voulu avant tout décrire l’ensemble des phases liées à un processus biologique d’hominisation. Le Mal serait donc la face négative de l’Evolution, autrement dit pour l’espèce humaine, l’ombre de l’être en devenir : désordre et insuccès, décomposition, solitude et angoisse, affres liés à l’enfantement, lumière et ténèbres, etc. Mais comme on le lit dans les Évangiles, l’ivraie est intimement enfouie dans le grain. Comme dans toute expérience scientifique, c’est à la frontière du réel qu’on doit se placer pour découvrir cette part de vérité qui nous interroge tous. Disons d’abord que notre vie terrestre est pour beaucoup un parcours initiatique.
Samedi 16 Mars 2019 09:24

Chapitre : «LA TERRE FINALE » « La fin du monde est inimaginable »


Christiane LATRAICHE / CHAPITRE - "Le Phénomène Humain"
« La fin du monde est inimaginable »
Les écrits de TEILHARD de CHARDIN se retrouvent dans la bible qui nous parle de l’Apocalypse.
L’Apocalypse est exactement le contraire d’une catastrophe. Cette fin du monde a été annoncé de nombreuses fois dans la bible. JEAN évoque souvent un certain nombre de catastrophes. Les catastrophes que nous vivons semblent nous faire prendre conscience et nous rendre présent au monde dans lequel nous vivons. Ces prédictions sont à la mode. Nous vivons dans un monde ou le cinéma, les bandes dessinées, la télévision, représentent le mauvais de l’apocalypse et nous fait vivre dans la peur. JEAN nous dit dans ses écrits que nous ne sommes pas objets de nos peurs mais sujets : « je n’ai pas peur d’avoir peur. »
 
Samedi 16 Mars 2019 09:14

« La terre Finale. » Décembre 2018


Christiane LATRAICHE / CHAPITRE - "Le Phénomène Humain"
TEILHARD nous dit « Exubérance d’activité interne par-dessous les nécessités matérielles de la vie, curiosité de rêveurs et d’inoccupés. »
Nous voyons à l’heure actuelle que « tout pour la production » ne marche plus.
Les générations actuelles sont très créatives, elles ont besoin d’entreprendre, de liberté. Avec internet qui les relie au monde, elles sont ouvertes à ce qui se passe, à l’accès aux médias. De nouveaux horizons leur donnent une force pour se battre et revendiquer de nouveaux privilèges. Elles recherchent le plus juste pour elles et leurs enfants, elles peuvent comparer avec se qui se passe dans d’autres pays. L’autorité n’est pas toujours synonyme de compétence et pourtant elle est indispensable. Elles recherchent une meilleure qualité de vie et l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.
Samedi 16 Mars 2019 09:08

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