Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Chapitre extrait du livre "Ecrits du temps de la guerre"


CHRISTIANE   LATRAICHE / L’ Eternel   Féminin
Teilhard dans ce chapitre pose plusieurs thèmes : celui de l’amour, l’idéalisation.
L’essentiel féminin pour lui est le mouvement, l’action.
Les figures féminines dans la bible sont très importantes. Eve nommée « mère des vivants », on retrouve ici la vie. Rébecca la porte du courage et de la fidélité à l’accueil, au respect de l’étranger de passage. Myriam aime tellement chanter son étonnement pour Dieu qu’elle emporte tout le monde dans son chant. Ce premier grand cantique du peuple de Dieu. Jérusalem comparée à une femme, une femme dévoyée quand le péché l’emporte.
 

La femme être de lumière qui éveille l’humanité, la sauve. On reconnait en elle la parole de Dieu énoncée sans ombre au cœur de notre histoire, portée significative et contribution sociale importante, en mettant en lumière la variété de leurs expériences.
Teilhard découvre l’univers féminin, ses rencontres vont le mettre face à quelque chose de nouveau il connait la vibration de la rencontre. Sa relation avec Lucie devient un moteur pour aller au fond de ses idées, elle le pousse dans ses retranchements. Il veut que sa démarche aille vers une spiritualité profonde et non vers le charnel. Ils ne sont pas dans le même schéma. Elle rencontrait des pasteurs mariés, elle ne comprend pas. Pour elle l’amour peut aussi emmener vers l’accomplissement de l’homme.
Le père voit dans l’union véritable une force de spiritualisation. Le Christ a révélé que la forme supérieure de l’amour est la virginité.De découvrir cet amour le fait se remettre en question : « Le christ m’a laissé tous mes joyaux »
« Celui qui entend l’appel de Jésus n’a pas à rejeter l’amour hors de son cœur. »
Il réalise que Dieu l’a laissé libre de ses choix.
« Ceux qui veulent me garder devront changer avec moi. »
Il veut entrainer avec lui les personnes qu’il côtoie par sa force intérieure celles-ci ne peuvent faire autrement que de le suivre. Elles sont quelque part aspirées (par son énergie sa force intérieure) débarrassées des lois morales terrestres.
« L’amour seul est capable de mouvoir l’être. »
L’expérience des femmes mystiques d’Orient et d’Occident, n’est pas suivre leur exemple sur un plan extérieur tout abandonner pour partir en errance sur les routes, prendre la misère du monde dans ses bras, fonder des monastères ,loin des tumultes du monde . Il s’agit de faire un retour sur soi de trouver le « centre du château » ( Thérèse D’ Avila ) ,De se détacher intérieurement de tout ce qui nous retient et d’entrer dans une dimension autre ,trouver ce centre qui est en nous .
Dans la pensée juive, l’être humain ne devient entier que dans sa relation avec l’autre. Le désir de connaître Dieu passe par la relation entre l’homme et la femme, par la rencontre de l’autre.
L’histoire du Christianisme place cette rencontre comme un chemin décisif vers Dieu ( La genèse). Dans les évangiles apocryphes on voit Jésus en relation avec une femme Myriam de Magdala. Cette rencontre est aussi l’image de Dieu. L’humain est androgyne il pourrait être heureux tout seul . Si l’on revient au texte biblique il émerge une anthropologie où il n’est pas bon que l’homme soit heureux tout seul.
Le mot amour devient alliance entre deux libertés, on n’est plus dans un registre de complémentarité l’autre n’est pas là pour combler un vide. Dans la relation entre ces deux libertés se révèle quelque chose de divin. C’est une alliance qui porte du fruit, le fruit peut être un enfant, mais aussi une œuvre ou bien le plaisir, dans tous les cas c’est une façon de mettre Dieu au monde.

La beauté du monde est celle de nos affections, voilà la finalité de notre vie, les liens que nous aurons tissés, nos amitiés et nos amours sont là pour combler nos cœurs de la plus intense félicité pour toujours.
« La plus grande idéalité qu’une femme puisse éveiller chez un homme est, au fond, la conscience de l’immortalité. »

 

Vendredi 23 Septembre 2016 15:51