Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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ETUDE DU CHAPITRE DU LIVRE "ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE"


Catherine GODINOT / TERRE PROMISE
Dans le chapitre intitulé « Terre promise » de l'ouvrage « Ecrits du temps de Guerre », Teilhard de Chardin (TDC) nous décrit les déceptions qu'il ressent en voyant le comportement des hommes maintenant que la Paix a été signée :
« Alors, dit-il, ce n'était donc que cela la Paix ». Durant les années de souffrance, lui et ses compagnons se battaient avec courage, soutenus par l'espoir de Paix en pensant lutter pour un monde nouveau. « Après cinq années de nuit, le jour a fini par éclairer les champs de bataille, et ce jour que tous attendaient apparaît tout aussi morne et triste que ceux qui les avaient précédé.
Les hommes qui se serraient les coudes dans le stress du danger se recroquevillent dans un repli sur soi égoïste et jaloux. A quoi ont servi tant d'efforts et tant d'abnégation pour s'être si bien battu ? La question de savoir à quoi ça sert nous harcèle encore aujourd'hui pour tout ce qui nous entoure:

« A quoi ça sert la fleur qui meurt sous les fougères ?
A quoi ça sert le musicien qui joue seul dans sa chambre ?
A quoi ça sert l'aveugle puisqu'il ne voit pas, le sourd puisqu'il n'entend pas, le paralysé puisqu'il ne marche pas, le malade puisqu'il ne sort pas de sa chambre ?
A quoi ça sert d'être là puisqu'on est là pour rien ?
Si la note disait : ce n'est pas une note qui fait la musique,
il n'y aurait pas de symphonie.
Si la pierre disait, ce n'est pas une pierre qui peut monter un mur,
il n'y aurait pas de maison.
Si l'homme disait ce n'est pas un geste d'amour qui peut sauver l'humanité, il n'y aurait jamais de justice et de paix, de dignité et de bonheur sur la terre des hommes.
Comme la symphonie a besoin de chaque note, comme la maison a besoin de chaque pierre, l'humanité toute entière a besoin de toi, là où tu es, unique et donc irremplaçable.
Le poids d'amour que tu mets au monde, même si tu n'en vois pas d'utilité redonne un sang nouveau au corps exsangue de l'humanité.
Nous avons besoin de voir au milieu de nous des hommes et des femmes qui ne servent d'abord à rien si ce n'est à aimer. » [Jean-Luc Grizolle, d'après Michel Quoist : « Si la note disait »]
« L'humanité s'est trouvée momentanément meilleure pour avoir vécu quelques mois sous l'influence d'un idéal commun.» Cela nous a donné confiance dans la valeur de l'effort humain. Lors de ces épreuves, de nouvelles ressources ont émergé du fond de notre être. Nous avons réalisé tout le potentiel de notre espèce. De nouvelles énergies restent à être dévoilées. Les forces que la guerre a exercé sur nous contre le mal, il faut maintenant qu'elles apparaissent durablement pour le bien.
Est-il impossible à l'amour de créer entre nous l'âme d'union qu'a fait palpiter la crainte ? La condition du progrès humain, la voilà telle que la guerre nous l'a montrée. C'est que les hommes cessant enfin de vivre isolément arrivent à apercevoir un but commun pour leurs vies. » Ce but doit nous rapprocher. L'idéal vers lequel doivent converger les puissances de la vie humaine, c'est le Christ – Roi et centre de la création. Pour atteindre cet idéal, il manque encore à l'humanité le sens de l'unité et de l'intégration à l'univers.
Pour une grande cause, la Paix, nous nous sommes sentis unis et, du haut de la montagne, nous avons entrevu la TERRE PROMISE.

Jeudi 23 Février 2017 12:27