Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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« La terre Finale. » Décembre 2018


Christiane LATRAICHE / CHAPITRE - "Le Phénomène Humain"
TEILHARD nous dit « Exubérance d’activité interne par-dessous les nécessités matérielles de la vie, curiosité de rêveurs et d’inoccupés. »
Nous voyons à l’heure actuelle que « tout pour la production » ne marche plus.
Les générations actuelles sont très créatives, elles ont besoin d’entreprendre, de liberté. Avec internet qui les relie au monde, elles sont ouvertes à ce qui se passe, à l’accès aux médias. De nouveaux horizons leur donnent une force pour se battre et revendiquer de nouveaux privilèges. Elles recherchent le plus juste pour elles et leurs enfants, elles peuvent comparer avec se qui se passe dans d’autres pays. L’autorité n’est pas toujours synonyme de compétence et pourtant elle est indispensable. Elles recherchent une meilleure qualité de vie et l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

TEILHARD « La biologie si elle obéit à la logique de ses découvertes se voit conduite à reconnaitre dans l’assemblage des êtres pensants la forme actuellement terminale des constructions de l’évolution. » Il nous encourage à réfléchir où nous voulons aller. Ce que nous voulons laisser aux générations futures. Que ce soit la planète que nous devons protéger « la Vie avec un grand V. » Des questions importantes se posent par exemple, où va-t-on avec la PMA. Si celle-ci sort des barrières de la procréation médicale assistée. Elle devient un droit à l’enfant et non pas un droit de l’enfant. Allons-nous faire des enfants sans père ou sans mère ? N’allons-nous pas dans ces conditions contre la nature que l’on veut soi-disant tant protéger. N’allons-nous pas contre l’environnement et faire avec l’eugénisme une société de dégénérés qui ne sauront plus d’où ils viennent et où ils vont ?
« Ni dans son élan ni dans ses constructions, la science ne peut aller aux limites d’elle-même sans se colorer de mystique et se charger de foi. » D’où la nécessité de se rapprocher de la foi, c'est-à-dire de l’amour et du respect de l’autre.
TEILHARD nous dit : « l’Humanité devra réintégrer sous une forme renouvelée, des forces spirituelles dont elle prétendait se débarrasser. » L’amour est le moteur de l’union créatrice, ne pas confondre individualité et personnalité, nous devons avancer vers l’autre et entrainer le monde avec nous et non pas s’individualiser, l’union étant dans la nature de la personne. Il est des amours qui élèvent d’autres qui rabaissent. Dans la pensée juive l’être humain ne devient entier que dans sa relation à l’autre. Le désir de connaître Dieu passe par la relation entre l’homme et la femme. « L’amour est la plus universelle, la plus formidable et la plus mystérieuse des énergies cosmiques. Ne serait-elle pas tout simplement dans son essence, l’attraction même exercée sur chaque élément conscient par le centre de l’univers ?  L’amour est en nous la trace consciente de l’action qui nous créée nous fusionnant, il est un facteur d’organisation, de construction réaliste et positiviste du monde. Il faudra bien qu’on se décide à reconnaitre en lui l’énergie fondamentale de la vie. »
« L’amour meurt au contact de l’impersonnel et de l’anonyme. »
L’amour doit évoluer tout au long de la vie. Le premier mot est « Pornéïa», le rapport de l’enfant à la mère. Ensuite : « Eros » (chez les grecs Eros est un Dieu) c’est celui qui met de l’intelligence dans la passion. « Eros » est l’amour de l’inférieur vers le supérieur, l’amour de la beauté, qui éveille les belles âmes. S’il n’y a pas d’Eros nous sommes dans la « Pornéïa », c'est-à-dire dans la consommation. Après Eros, il y a : « Philia», Je t’aime d’amitié, aimer l’autre en tant qu’autre, un amour d’échange, aider l’autre à aller vers le meilleur de lui même. Et puis l’amour : « Agapé », amour purement gratuit vers lequel nous pouvons tendre, le point « Oméga. »
Simone Weil disait :« Ne rien attendre en retour, avoir du plaisir à aimer pour rien. » C’est cela la grâce !!!
La conduite d’une vie est propre à chaque individu et relative à sa nature singulière.
La loi religieuse et la loi sociale sont indispensables pour nous aider dans notre cheminement, afin de dépasser l’imperfection humaine en réglant nos sentiments : par la raison et notre force intérieure afin de devenir libre et responsable.
Combien de fois la question est posée par les personnes en dehors de l’église :  Pourquoi les moines ?  Pourquoi les monastères ?  A quoi servent-ils ? ……….
L’enracinement dans le passé dont parle TEILHARD est important, ce sont nos racines. Quand tout bascule autour de nous il est bon d’avoir des fondements solides. L’Église a su évoluer tout en gardant ses fondements. La vie monastique est facilement associée au Moyen Age, une époque où elle avait un rôle important dans la société. Ce rôle a disparu et les religieux existent toujours. !!! Ce simple fait, indique que l’importance de la vie monastique se situe sur un autre plan que celui de l’action extérieure. Le monachisme se dédie à l’humilité plus qu’au prestige, au silence habité plus qu’à la prédication, au retrait plus qu’à la visibilité.
La vraie aventure de ces hommes et de ces femmes est avant tout, intérieure. Par la prière, le renoncement dans la foi, l’espérance, et l’amour, avec l’aide de Dieu lui-même, moines et moniales cherchent à ouvrir leur cœur, de plus en plus, à l’amour de Dieu et des Hommes.
La foi est à la base de ce choix de vie en retrait.
Un nouveau monde se propose à nous, nous devons aller de l’avant en nous servant du passé et faire confiance à la génération créative. Tout être dans ce monde est sur la pente qui monte de l’ombre vers la lumière.
Pour que le meilleur advienne, pour que quelle que chose de neuf, d’inconnu surgisse il faut que tout s’effondre. Le meilleur se passe sur un autre plan. L’apocalypse se traduit par accouchement, le réveil que l’on ne connait pas... Il dépend de notre faculté d’ouverture et d’écoute. La vie est là, avant et après nous. L’avenir dépend de la grâce qui est souveraine. On peut s’y préparer, s’ouvrir cependant elle recèle une part d’inattendu qui ne dépend pas de nous.
Après le temps des sciences, de l’analyse de la philosophie et de la théologie nous arrivons à l’amour de la beauté…
Message d’espérance de saint Augustin : « AIME ET FAIS CE QUE TU VEUX.

Samedi 16 Mars 2019 09:08