Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Ecrits du temps de la guerre (Pages 249 à 262)


Marcel Comby / L’Eternel Féminin /La femme dans les textes bibliques

Teilhard de Chardin a écrit dans son livre « Comment je crois » page 213 :

« Créer, donc, pour Dieu, c’est par définition s’unir à son œuvre, c’est-à-dire s’engager d’une façon ou de l’autre dans le Monde par incarnation. Or « s’incarner », n’est-ce pas ipso facto participer aux souffrances et aux maux inhérents au Multiple en voie de pénible rassemblement ? Création, Incarnation, Rédemption : vus à cette lumière les trois mystères ne deviennent plus en vérité, dans la Christologie nouvelle, que les trois faces d’un même processus de fond… »

Il est étonnant que, dans une théorie de l’évolution bien comprise, Teilhard n’ait pas évoqué là-même un quatrième mystère : celui de l’Assomption de Marie la Théotokos.
Mgr Dagens, évêque d’Angoulême, a dit un jour : « Dieu s’est mis en quatre pour sauver l’humanité ». Pour moi, le Christianisme repose bien sur quatre piliers car toute la théologie mariale est à envisager sous un angle universel, cosmique comme le suggère l’œuvre poétique de Teilhard : « L’éternel féminin » dont je donne ici les premiers extraits :

Je suis apparue dès l'origine du Monde...
Dès avant les siècles je suis sortie des mains de Dieu...
Ébauche destinée à s'embellir à travers les temps
Coopératrice de Son œuvre
Tout dans l'Univers se fait par union et fécondation...
par rassemblement des éléments qui se cherchent
et se fondent deux à deux
Et renaissent en une troisième
Dieu m'a répandue dans le Multiple Initial
comme Force de condensation
et de concentration...
C'est Moi la face conjonctive des êtres...
Moi le parfum qui les fait accourir et les entraîne
librement... passionnément
sur le chemin de leur unification
Par Moi tout se meut et se coordonne...
Je suis le Charme mêlé au Monde pour le faire se grouper
L'Idéal suspendu pour le faire monter
Je suis l'Essentiel Féminin



L’Avent est le temps spirituel de la femme. Avent tourmenté, puisqu’il voit s’étendre le pouvoir du Dragon sur toute race, peuple, langue ou nation. Se répand sur terre les sept coupes de la colère de Dieu : la chute de Babylone, la fuite loin d’elle du peuple de Dieu, les faux prophètes, les martyrs, les guerres, le feu du ciel dévorant tout, constituent cette période douloureuse, allégorique pour les temps anciens, mais allégorique aussi pour notre temps, pour tous le temps, marqués par le combat du Bien et du Mal, dont nul ne fera l’économie. L’Avent est un temps d’attente, de gestation, de lente maturité. L’Avent marial précède le premier avènement ; l’Avent apocalyptique précède le dernier, l’avènement de la Jérusalem messianique, du ciel nouveau et de la terre nouvelle. Et dans cette femme de l’Avent apocalyptique on voit très bien l’Eglise-Epouse, disant avec l’Esprit : « Viens, Seigneur Jésus ! ».
Teilhard parle, à propos de Marie, de la trace de l’axe de la Vie. Cette métaphore témoigne d’une présence essentielle. Nous sommes là dans une autre dimension, celle de la personnification du principe passif selon lequel le chrétien s’identifie à la Théotokos afin de rechercher toute la plasticité de l’âme.

Cette présence essentielle féminine est d’abord incarnée par Mariam dans le mystère de l’Alliance. Marie n’est pas seulement le point d’aboutissement de l’espérance d’Israël mais elle représente tout Israël. Déjà dans l’ancien testament, le peuple de Dieu, dans le contexte de la Première Alliance, est souvent symbolisée par une femme. Les prophètes nous décrivent souvent un mystère nuptial. Cette figure féminine est justement appelée : Fille de Sion. Israël est l’épouse de YAHVE. Puis trois épisodes évangéliques situent Marie au cœur de la Nouvelle Alliance. L’Annonciation où se noue l’Alliance ; Cana où se célèbre l’Alliance ; le Calvaire où se scelle l’Alliance. Citons cette double parole du Christ : « Femme voici ton fils » et au disciple : « Voici ta mère ». Nous devons interpréter cela dans un contexte qui vise essentiellement les contingences de l’intériorité.

Hommes et femmes vivent un charisme particulier et nous pouvons encore le découvrir dans les évangiles. Zacharie et Elisabeth : les deux personnages n’adhèrent pas au message divin de la même manière ; Elisabeth ne raisonne pas, c’est dans son être que s’inscrit l’annonce d’un fils qui portera le nom de Jean. Le charisme de la femme, au sens mystique, est d’abord d’être Témoin. Marie et Jean-Baptiste ont chacun leur place dans le mystère eucharistique : elle disant « Ils n’ont plus de vin » et lui « Voici l’Agneau de Dieu ». Nous avons deux archétypes : l’offrande des fruits de la terre et l’appel de l’esprit dans la transsubstantiation. Il existe en fait deux sacerdoces, la femme est par sa nature organique. Siméon et Anne prophétisent à leur manière mais le charisme prophétique est indifféremment accordé par l’Esprit à chacun des êtres humains des deux sexes. Teilhard propose donc une vision du FEMININ métaphysique : « Lumière éclairant le processus de concentration universelle ». Le symbolisme contenu dans les Ecritures nous apprend donc que : « la femme ne va pas sans l’homme ni l’homme sans la femme ». L’Homme doit reconnaître en soi son propre féminin et la catastrophe ontologique réside dans l’éclatement de l’être humain.

Samedi 14 Mai 2016 17:17