Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Extrait du livre "LE PHÉNOMÈNE HUMAIN"


Marcel Comby - LA TERRE FINALE
Rendez-vous en terre inconnue
     18 avril 2017  La chaîne de télévision FR 2 relate les aventures de la comédienne Cristiana Reali, partie un jour à la découverte des Aborigènes, sur les côtes sauvages du Kimberley, au nord-ouest de l'Australie. Pour elle, comme pour son guide Frédéric Lopez, c'est un véritable choc de rencontrer le clan des Worrorra. Ceux-ci ayant décidé de revenir sur la terre de leurs ancêtres, chassés autrefois par les Blancs ; un choix qui implique de tout réapprendre de ces traditions et de ce mode de vie très particulier. Ce séjour enrichissant lui permit une plongée dans l'histoire passionnante des Aborigènes et leur évolution au fil des années. Mettre en lumière et entendre la parole d’hommes et de femmes qui vivent dans des zones particulièrement reculées, comprendre leur culture, leur religion, partager leur vision optimiste du monde, telles sont les intentions de ce
« Rendez-vous en terre inconnue ». La magie naît d’une rencontre inattendue qui naît d’une mystérieuse connivence entre des êtres humains que tout sépare. Gary, le chef de clan, explique, avec une étrange sincérité, que la dure vie de ses ancêtres contenait d’immenses valeurs que sa communauté avait délaissées au profit d’un système culturel marqué par l’abus de l’alcool et de la drogue conduisant la personne humaine à une inexorable destruction des autres et de soi. Pour Gary, il semble que l’homme soit davantage créé pour vivre en symbiose avec la nature et la famille que pour emprunter les chemins artificiels de la vie moderne qui conduit à la solitude intérieure et à une certaine désespérance.

4 décembre 2018 Sur la même chaine FR2, on découvre une rencontre inoubliable entre la tradition des Kogis et la modernité incarnée par le spationaute français Thomas Pesquet. Ces Amérindiens de Colombie vivent en autarcie, sans argent et ont une admiration sans fin pour la Terre qu'ils respectent et protègent. Leur message est très parlant pour Thomas qui a lui aussi un discours écologique d’autant plus qu’il possède l’outil céleste pour admirer notre planète. Mais le merveilleux de l’histoire n’a pas qu’un aspect écologique. Il révèle magnifiquement que notre attachement à notre terre natale ou même à une autre terre, conditionne tout le déroulement de notre vie. Ce sont nos racines et nous leur devons  toutes nos pensées, toutes nos intuitions, tout notre être. Ainsi prendre rendez-vous en terre inconnue, n’est-ce pas seulement se rendre par curiosité dans des contrées lointaines, mais  remonter dans le temps, comme le rêvait cet émouvant ami Gary, ou encore, comme l’aurait écrit Teilhard de Chardin, explorer notre Terre intérieure.
La théorie de l’évolution concerne finalement le Dedans des choses et leur Dehors n’est que contingence.
 
L’avenir de l’espèce humaine
 
     Le dialogue entre Thomas Pesquet et son nouvel ami le Chaman a, en dépit des cultures opposées, débouché sur une promesse empreinte de solennité : tout entreprendre pour sauver la planète pour le Français, la Terre – Mère pour l’indigène. En Occident nous parlons d’écologie intégrale et nous faisons la synthèse entre science et religion. Chez les peuples non éveillés à la modernité, il existe au sein de leur mental une réelle idéation transcendantale qui leur confère un certain sens du sacré et ce, à leur manière.
     Teilhard envisagea, en son époque, un certain nombre d’hypothèses quant à l’avenir de l’homme en général et à la fin du monde en particulier. Mais à cette époque- là on ne parlait pas de Trans humanisme ni de réchauffement climatique ni de voyages interstellaires. Cependant il parle déjà d’eugénisme.
     Les exploits réalisés par les astronautes ont permis de concevoir un catalogue de conditions nécessaires à une vie hors de notre planète terre. Ce qui est effarant c’est qu’il y aura toujours un scientifique pour apporter une solution à tel problème de survie. Puis patatras, un détail intervient auquel on n’avait pas pensé. En fait l’homme et son habitat naturel sont intimement liés par des interactions très complexes. La notion de Noosphère n’est pas qu’une réalité purement abstraite et irrationnelle, mais un système énergétique très complexe constitué par l’ensemble des pensées humaines baignées de façon intime dans leur espace familier. Teilhard écrit (p 318) : « En fait, si l’étude du Passé nous permet une certaine appréciation des ressources que possède la matière organisée à l’état dispersé, nous n’avons encore aucune idée de la grandeur possible des effets « noosphériques » Et il évoque : la résonance de vibrations humaines par millions qui représente un phénomène d’une grandeur et d’une intensité inimaginable. On touche là à l’infini donc au mystère.
     L’évasion de l’homme vers une autre terre présente une réelle difficulté car dans nos recherches, il existe des variables cachées encore indéchiffrables. La terre finale évoquée par Teilhard pose de profondes interrogations. On dit qu’en 2150 ; la température terrestre aura augmenté de 13 degrés Celsius mais imagine-t-on l’hiver polaire qui suivrait l’éruption fatale du volcan Yellowstone ? Puis il y a les progrès de la biologie qui fait de l’homme soit un être presque divinisé soit un fossoyeur de sa condition terrestre. Teilhard va jusqu’à penser que « Sous la tension croissante de l’Esprit à la surface du Globe, on peut d’abord se demander sérieusement si la Vie n’arrivera pas un jour à forcer ingénieusement les barrières de sa prison terrestre.» Cependant, on remarque par la suite que Teilhard écarte certaines hypothèses trop improbables, voire trop imaginaires. En fait, il renonce à définir ce que sera réellement la Terre Finale au sein du processus de l’Evolution.
     Lors du bigbang dont on ne connait en rien sa nature propre, sont apparues en symbiose l’espace et le temps. Par effet de miroir, ces deux réalités disparaitront à l’occasion d’une fin de notre monde terrestre, mais comment ? Sans le temps, il est impossible de décrire une chose qui n’est plus un événement. Parler de la Fin du Monde entre donc dans le cadre de la métaphysique pure. Elle est pour nous terriens inconcevable car elle fait intervenir essentiellement les puissances de l’Esprit. Il s’agit cette fois d’un rendez-vous eschatologique dans une nouvelle Terre inconnue dont on connait le nom. Teilhard l’a appelé : Oméga, autrement dit le Christ pantocrator.
 
                                                                                               MARCEL  COMBY

Dimanche 16 Décembre 2018 08:56